Le blog de l'imam Abdallah (France)

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Simplifier l'islam pour les francophones

Salman le Persan

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Salman raconter son histoire à Ibn Abbas :

J’étais un Persan de la tribu d’Isfahan, d’une ville connue sous le nom de Jayi. Mon père était le chef de cette ville. À ses yeux, j’étais la plus précieuse créature d’Allah.

Il m’aimait tant qu’il finit par me faire confiance pour surveiller le feu qu’il allumait régulièrement et qui jamais ne devait s’éteindre.

Mon père possédait un immense domaine comprenant des terres arables. Un jour qu’il était occupé, il me demanda d’aller inspecter son domaine et d’en rapporter certaines choses dont il avait besoin.

En chemin, je croisai une église chrétienne et j’entendis des gens prier à l’intérieur. Je n’avais aucune idée des choses de la vie et des différentes personnes qui peuplaient mon pays, car mon père me confinait le plus souvent à la maison. Lorsque j’entendis, donc, les voix de ces gens, j’entrai dans l’église pour voir ce qu’ils faisaient.

Lorsque je les vis, j’aimai tout de suite leur façon de prier et cela éveilla mon intérêt envers leur religion. Je me dis en moi-même : « Par Allah, cette religion est meilleure que la nôtre. »

Je m’arrêtai là et n’allai pas inspecter le domaine de mon père, tel qu’il me l’avait demandé. Je demandai aux gens de l’église : « Quelle est l’origine de cette religion ? ».

Ils répondirent : « Elle vient d’ash-Shaam ». Je retournai chez mon père qui déjà s’inquiétait et avait envoyé quelqu’un à ma recherche. Lorsque j’arrivai, il me dit : « Ô mon fils ! Où étais-tu ? Ne t’avais-je pas confié une tâche ? » Je dis : « J’ai trouvé sur mon chemin des gens qui priaient dans une église et j’ai aimé ce que j’ai vu et entendu de leur religion. Par Allah, je suis resté avec eux jusqu’au coucher du soleil. »

Mon père dit : « Ô mon fils ! Il n’y a rien de bon dans cette religion. La religion de ton père et de tes ancêtres est meilleure. »

Je répondis : « Non, par Allah : cette religion est meilleure que la nôtre. »

Il me menaça, m’enchaîna par un pied et m’emprisonna dans sa maison.

Je me débrouillai pour envoyer une missive aux chrétiens leur demandant de me faire connaître l’arrivée de toute caravane commerciale chrétienne en provenance du Shaam. Une caravane arriva finalement et j’en fus informé. Je demandai aux chrétiens de me faire connaître le moment où ces commerçants en auraient terminé avec leurs affaires et où ils seraient sur le point de retourner chez eux. Lorsque je reçus l’information, je me libérai de mes chaînes et je me sauvai dans la région du Shaam avec la caravane.

Arrivé dans la région du Shaam, je demandai : « Qui est la meilleure personne fidèle à cette religion qui est la vôtre ? »

On me répondit : « L’évêque. Il est à l’église. » J’allai le voir et lui dis : « J’aime votre religion et j’aimerais demeurer avec vous, dans cette église, à votre service ; j’aimerais apprendre de vous et prier avec vous. »

Il répondit : « D’accord, tu peux rester avec moi. » Alors je me joignis à lui.

Après un moment, Salman commença à connaître l’évêque. Il s’avéra être un homme mauvais qui n’ordonnait aux gens de donner en charité que pour en profiter lui-même sans jamais rien donner aux pauvres. Salman découvrit qu’il avait ainsi rempli sept jarres de pièces d’or et d’argent !

Voyant ce qu’il faisait, je le détestai profondément pour cela.

L’évêque mourut. Les chrétiens se rassemblèrent pour l’enterrer. Je leur dis qu’il avait été un homme mauvais qui ne les avait poussés à donner en charité que pour en profiter lui-même sans jamais rien donner aux pauvres. Ils dirent : « Comment sais-tu cela ? » Je dis : « Je peux vous montrer son trésor. » Ils dirent : « Oui, montre-nous. » Je leur montrai l’endroit et ils y trouvèrent sept jarres pleines d’or et d’argent. En voyant cela, ils dirent : « Par Allah, nous ne l’enterrerons pas ! ». Alors ils le crucifièrent et lapidèrent son corps.

Ils remplacèrent l’évêque. Jamais je ne rencontrai d’homme meilleur que ce nouvel évêque parmi ceux qui ne prient pas cinq fois par jour, ni d’homme plus détaché des choses de ce monde et plus attaché à l’au-delà. Et jamais je ne rencontrai de personne plus engagée que lui, qui travaillait sans relâche de jour comme de nuit. Je l’aimai plus que tout ceux que j’avais aimé jusqu’alors.

Je demeurai avec lui quelque temps. Lorsqu’il devint mourant, je lui dis : « Ô (untel) : je suis resté avec toi et je t’ai aimé plus que tous ceux que j’ai aimés par le passé. Le décret d’Allah se rapproche maintenant de toi ; qui donc me recommandes-tu et qu’aimerais-tu me conseiller ? »

L’évêque dit : « Par Allah, les gens courent à leur perte ; ils ont altéré et corrompu leur religion. Je ne connais personne qui suive fidèlement la voie que je suis à part un homme de la région d’al-Moosil. Va le trouver. » Et il me donna son nom.

Lorsque cet homme mourut, Salman partit pour la région d’al-Moosil, à la rencontre de la personne qui lui avait été recommandée.

Je lui dis que telle personne, avant de mourir, m’avait recommandée à lui en me disant qu’il suivait la même religion qu’elle.

L’homme d’al-Moosil dit à Salman qu’il pouvait rester avec lui.

Je restai avec lui et trouvai qu’il était le meilleur homme suivant la religion de son défunt ami. Mais bientôt, il mourut à son tour.

Quand la mort fut tout près de lui, Salman lui demanda s’il pouvait lui recommander une autre personne suivant la même religion. L’homme dit : « Par Allah, je ne connais personne qui suive fidèlement la voie que je suis à part un homme de la région de Nasiyibine. Va le trouver. » Et il lui donna son nom.

Après sa mort, je partis à la recherche de l’homme de Nasiyibine. Je le trouvai et restai avec lui pour un temps. Puis l’histoire se répéta. La mort s’approcha de lui et avant qu’il ne meure, je lui demandai s’il pouvait me recommander à une autre personne. Il me dit d’aller rejoindre un homme de même religion à Am’mouriyiyah.

Salman se rendit donc à Am’mouriyiyah après la mort de l’homme. Il trouva son nouveau contact et se joignit à lui. Il travailla et fit l’acquisition de quelques vaches et d’un mouton.

La mort s’approcha de l’homme d’Am’mouriyiyah. Salman lui fit la même demande qu’aux précédents. Mais cette fois, la réponse fut différente. L’homme lui dit : « Ô fils ! Je ne connais personne qui suive la même religion que nous. Cependant, il est maintenant venu le temps de l’émergence d’un autre prophète, et celui-là suit la même religion qu’Abraham. »

Pour décrire le Prophète, l’homme dit : « Il a été envoyé avec la même religion qu’Abraham. Il vient d’Arabie et il émigrera dans une région située entre des étendues de pierres noires (comme consumées par le feu). Des palmiers poussent entre ces étendues. Il possède certaines caractéristiques. Il accepte et mange la nourriture qu’on lui offre en cadeau, mais ne mange pas ce qu’on lui offre en charité. Le sceau de la prophétie se trouve entre ses épaules. Si tu peux te rendre dans cette contrée, alors fais-le. »

L’homme mourut. Salman resta à Am’mouriyiyah jusqu’au jour où des marchands de la tribu de Kalb passèrent par là.

Je leur dis : « Emmenez-moi en Arabie et je vous donnerai en échange mes vaches et le seul mouton que je possède. » Ils acceptèrent. Je leur donnai mes bêtes et ils m’emmenèrent avec eux.

Lorsqu’ils atteignirent Wadi al-Qoura (près de Médine), ils le vendirent comme esclave à un juif. Salman resta avec le juif. Puis, il aperçut les palmiers. Il raconte : J’espérai tout de suite que cet endroit fût celui que mon ami m’avait décrit.

Un cousin du maître de Salman qui appartenait à la tribu de Bani Qoureitha, à Médine, vint un jour leur rendre visite. Il acheta Salman à son cousin. Salman raconte : Il m’emmena avec lui à Médine. Par Allah, lorsque j’aperçus Médine, je sus immédiatement que j’étais au bon endroit, car il correspondait à la description faite par mon ami.

Un jour, comme j’étais au sommet d’un palmier, au-dessus d’un régime de dattes, à accomplir quelque tâche pour mon maître, un de ses cousins vint lui rendre visite. Alors qu’il était debout devant mon maître, qui lui était assis, il dit : « Malheur à Bani Qilah (i.e. aux gens de la tribu de Qilah) ; ils sont rassemblés à Qibaa’ autour d’un homme qui vient d’arriver aujourd’hui de la Mecque et qui prétend être prophète ! »

En entendant cela, je me mis à trembler si fort que je faillis tomber directement sur mon maître. Je descendis du palmier et je dis : « Que dis-tu? Que dis-tu ?! » Mon maître se mit en colère, me frappa violemment avec son poing et dit : « De quoi te mêles-tu? Occupe-toi de tes affaires ! » Je répondis : « Non, non… Je voulais seulement m’assurer de ce qu’il disait… »

Ce soir-là, j’allai voir le Messager d’Allah alors qu’il était à Qibaa’ et j’emportai avec moi de la nourriture que j’avais mise de côté. J’entrai où il se trouvait et dis : « On m’a dit que tu étais un homme de vertu et que les gens qui t’accompagnent, et qui sont étrangers ici, sont dans le besoin. Alors j’aimerais vous offrir ceci en charité, car je crois que vous le méritez plus que quiconque. » Je lui tendis ce que j’avais apporté et il dit à ses compagnons : « Mangez », et il n’approcha même pas ses mains de la nourriture. Je me dis en moi-même : « C’est là un des signes de sa prophétie ».

Après cette rencontre avec le Prophète (r), Salman alla préparer le deuxième test qu’il lui réservait. La fois suivante, donc, il lui apporta un cadeau. Il lui dit : J’ai remarqué que tu n’avais pas mangé de ce que je t’avais donné en charité ; voici un cadeau par lequel je souhaite t’honorer. Alors il prit le cadeau, en mangea une partie et en offrit à ses compagnons. Je me dis en moi-même : « Voilà la confirmation du deuxième signe. »

La troisième rencontre entre Salman et le Prophète (r) eut lieu à Baqi’ al-Gharqad (le cimetière des compagnons du Prophète) où ce dernier assistait aux funérailles d’un de ses compagnons.

Je le saluai, puis je me déplaçai derrière lui, essayant d’apercevoir le sceau de la prophétie que mon ami m’avait décrit. Lorsqu’il s’aperçut de mon manège, il comprit aussitôt ce que j’essayais de voir. Il descendit son vêtement en bas de ses épaules et je vis le sceau, que je reconnus immédiatement. Je ne pus m’empêcher de m’approcher de lui et d’embrasser, tout en pleurant, cet endroit où se trouvais le sceau. Le messager d’Allah me dit de venir devant lui (i.e. de lui parler). Je lui racontai toute mon histoire comme je viens de le faire avec toi, Ibn Abbas. Par la suite, le Prophète (r) aimait bien raconter mon histoire à ses compagnons.

Salman continua de raconter son histoire à Ibn Abbas. Il lui dit que son temps était presque entièrement consacré à son maître. Il lui fut impossible de participer à deux des batailles contre les païens d’Arabie. Le Prophète (r) lui dit : « Écris, ô Salman [i.e. écris un engagement avec ton maître pour obtenir ta liberté]. » Salman fit ce qui lui était recommandé et écrivit à son maître pour obtenir sa liberté. Avec ce dernier, il parvint à une entente stipulant qu’il aurait à lui payer quarante onces d’or et qu’il planterait et s’occuperait de l’entretien de trois cents nouveaux palmiers. Le Prophète dit à ses compagnons : « Aidez votre frère ».

Ils l’aidèrent avec les arbres et lui apportèrent la quantité dont il avait besoin. Le Prophète dit à Salman de creuser les trous pour planter les jeunes arbres, puis il (le Prophète) planta chaque arbre de ses propres mains.

Par Celui qui tient mon âme entre Ses mains, pas un seul arbre ne mourut.

Alors Salman donna les arbres à son maître. Le Prophète (r) donna à Salman une pièce d’or de la taille d’un œuf de poule et lui dit : « Prends ça, ô Salman, et paie à ton maître ce que tu lui dois. » Salman dit : « La valeur de cette pièce doit bien approcher de ce que je lui dois ! » Le Prophète dit : « Prends-la ! Allah fera en sorte qu’elle soit de la même valeur que ce que tu lui dois. » « Je la pris et la pesai : elle pesait quarante onces. » Salman donna l’or à son maître. Il avait rempli son obligation envers lui et il fut libéré.

À partir de ce moment, Salman devint un des proches compagnons du Prophète (r).

 

سلمان الفارسي

قال   ابن   إسحاق   : حدثني   عاصم     ، عن   محمود     ، عن   ابن   عباس   رضي الله عنهما ،   قال : حدثني   سلمان   من فيه ، قال   : كنت رجلا   فارسيا   من   أهل   أصبهان   من قرية يقال لها   : ( حي   ) . وكان   أبي دهقان قريته ، وكنت أحب خلق الله إليه لم يزل حبه إياي حتى حبسني في بيت كما   يحبس الجارية ، فاجتهدت في   المجوسية   حتى كنت قطن النار التي توقدها لا نتركها ساعة تخبو ، وكانت لأبي ضيعة عظيمة فشغل في بنيان له يوما . فقال : يا بني ، إني قد شغلت في بنياني هذا اليوم عن ضيعتي فاذهب إليها فاطلعها ، وأمرني فيها ببعض ما يريد ، ثم قال لي : ولا تحتبس عني فإنك إن احتبست عني كنت أهم إلي من ضيعتي وشغلتني عن كل شيء من أمري ، فخرجت أريد ضيعته التي بعثني إليها ، فمررت بكنيسة من كنائس النصارى فسمعت أصواتهم فيها وهم يصلون ، وكنت لا أدري ما أمر الناس لحبس أبي إياي في بيته ، فلما سمعت أصواتهم ، دخلت عليهم أنظر ما يصنعون ، فلما رأيتهم أعجبتني صلاتهم ، ورغبت في أمرهم ، فقلت : هذا والله خير من الذي نحن عليه ، فوالله ما برحت حتى غربت الشمس وتركت ضيعة أبي فلم آتها ، ثم قلت لهم : أين أصل هذا الدين ؟ قالوا بالشام ، فرجعت إلى أبي وقد بعث في طلبي ، وشغله عن عمله كله ، فلما جئت قال : يا بني أين كنت ؟ ألم أكن عهدت إليك ما عهدت ؟ قلت : يا أبت ، مررت بأناس يصلون في كنيسة لهم فأعجبني ما رأيت من دينهم ، فوالله ما زلت عندهم حتى غربت الشمس ، فقال : أي بني ! ليس في ذلك الدين خير ، دينك ودين آبائك خير منه ، فقلت له : كلا والله إنه لخير من ديننا ، قال : فخافني ، فجعل في رجلي قيدا ، ثم حبسني في بيته ، وبعثت إلى النصارى فقلت لهم : إذا قدم عليكم ركب من الشام فأخبروني بهم ، فقدم عليهم تجار من النصارى فأخبروني ، فقلت لهم : إذا قضوا حوائجهم وأرادوا الرجعة إلى بلادهم فآذنوني بهم ، قال : فلما أرادوا الرجعة أخبروني بهم ، فألقيت الحديد من رجلي ، ثم خرجت معهم حتى قدمت الشام .فلما قدمتها قلت : من أفضل أهل هذا الدين علما ؟ قالوا : أسقف الكنيسة ، فجئته فقلت له : إني قد رغبت في هذا الدين ، وأحببت أن أكون معك فأخدمك في كنيستك ، وأتعلم منك ، وأصلي معك ، قال : ادخل ، فدخلت معه ، فكان رجل سوء يأمرهم بالصدقة ويرغبهم فيها ، فإذا جمعوا له شيئا منها اكتنزه لنفسه ، ولم يعط المساكين ، حتى جمع سبع قلال من ذهب وورق ، فأبغضته بغضا شديدا لما رأيته يصنع ، ثم مات واجتمعت النصارى ليدفنوه ، فقلت لهم : إن هذا كان رجل سوء يأمركم بالصدقة ويرغبكم فيها ، فإذا جئتموه بها اكتنزها لنفسه ولم يعط المساكين منها شيئا ، فقالوا لي : وما علمك بذلك ؟ قلت : أنا أدلكم على كنزه ، فأريتهم موضعه ، فاستخرجوا سبع قلال مملوءة ذهبا وورقا ، فلما رأوها قالوا : والله لا ندفنه أبدا ، فصلبوه ورموه بالحجارة ، وجاءوا برجل آخر فجعلوه مكانه ، فما رأيت رجلا لا يصلي الخمس أرى أنه أفضل منه ، ولا أزهد في الدنيا ولا أرغب في الآخرة ، ولا أدأب ليلا ونهارا منه ، فأحببته حبا شديدا لم أحبه شيئا قبله ، فأقمت معه زمانا ، ثم حضرته الوفاة ، فقلت له : يا فلان ، إني قد كنت معك فأحببتك حبا شديدا لم أحبه شيئا قبلك ، وقد حضرك من أمر الله ما ترى ، فإلى من توصي بي ؟ وبمن تأمرني ؟ فقال : أي بني ، والله ما أعلم أحدا على ما كنت عليه ، ولقد هلك الناس وبدلوا وتركوا أكثر ما كانوا عليه ، إلا رجلا بالموصل وهو فلان وهو على ما كنت عليه .

فلما مات وغيب لحقت بصاحب الموصل ، فقلت له : يا فلان ، إن فلانا أوصاني عند موته أن ألحق بك ، وأخبرني أنك على أمره ، فقال : أقم عندي ، فأقمت عنده فرأيته خير رجل على أمر صاحبه ، فلما حضرته الوفاة قلت له : يا فلان ، إن فلانا أوصى بي إليك وأمرني باللحوق بك ، وقد حضرك من أمر الله ما ترى ، فإلى من توصي بي ؟ وبم تأمرني ؟ قال : يا بني ، والله ما أعلم رجلا على مثل ما كنا عليه إلا رجلا بنصيبين وهو فلان فالحق به

فلما مات وغيب لحقت بصاحب نصيبين ، فأخبرته خبري وما أمرني به صاحبي ، فقال : أقم عندي ، فأقمت عنده فوجدته على أمر صاحبه ، فأقمت مع خير رجل ، فوالله ما لبث أن نزل به الموت ، فلما أحضر قلت له : يا فلان ، إن فلانا أوصى بي إلى فلان ثم أوصى بي فلان إليك فإلى من توصي بي ؟ فقال لي : يا بني ، ما أعلم بقي أحد على أمرنا ، آمرك أن تأتيه إلا رجلا بعمورية من أرض الروم ، فإنه على مثل ما نحن فيه ، فإن أحببت فأته .

فلما مات وغيب لحقت بصاحب عمورية فأخبرته خبري ، فقال : أقم عندي ، فأقمت عند خير رجل على هدى أصحابه وأمرهم ، فاكتسبت حتى كانت لي بقرات وأعنز ، ثم نزل به أمر الله ، فلما أحضر قلت له : يا فلان ، إني كنت مع فلان فأوصى بي إلى فلان ، ثم أوصى بي فلان إلى فلان ، ثم أوصى بي فلان إليك ، فإلى من توصي بي ؟ وبم تأمرني ؟ قال : يا بني ، والله ما أعلمه أصبح أحد على مثل ما كنا عليه من آمرك أن تأتيه . ولكنه قد أظل زمان نبي مبعوث بدين إبراهيم يخرج بأرض العرب ، مهاجره إلى أرض بين حرتين ، بينهما نخل ، به علامات لا تخفى : يأكل الهدية ولا يأكل الصدقة ، بين كتفيه خاتم النبوة ، فإن استطعت أن تلحق بتلك البلاد فافعل .

ثم مات وغيب ، فمكثت بعمورية ما شاء الله أن أمكث ، ثم مر بي نفر من كلب تجار ، فقلت لهم : احملوني إلى أرض العرب وأعطيكم بقراتي هذه وغنيمتي هذه ، فقالوا : نعم ، فأعطيتموها ، فحملوني معهم ، حتى إذا بلغوا وادي القرى ظلموني ، وباعوني من رجل يهودي فكنت عنده ، فرأيت النخل فرجوت أن يكون البلد الذي وصف لي صاحبي ، ولم يحق في نفسي ، فبينا أنا عنده إذ قدم عليه ابن عم له من بني قريظة من المدينة فابتاعني منه فحملني إلى المدينة ، فوالله ما هو إلا أن رأيتها فعرفتها بصفة صاحبي ، فأقمت بها ، وبعث رسول الله صلى الله عليه وسلم فأقام بمكة ما أقام لا أسمع له بذكر مع ما أنا فيه من شغل الرق .

ثم هاجر إلى المدينة ، فوالله إني لفي رأس عذق لسيدي أعمل فيه بعض العمل ، وسيدي جالس تحتي إذ أقبل ابن عم له حتى وقف عليه ، فقال له : يا فلان ، قاتل الله بني قيلة ، والله إنهم الآن مجتمعون على رجل قدم عليهم من مكة اليوم يزعمون أنه نبي .

فلما سمعتهما أخذتني عرواء حتى ظننت أني ساقط على سيدي ، فنزلت عن النخلة فجعلت أقول لابن عمه ذلك : ما تقول ؟ فغضب سيدي فلكمني لكمة شديدة ، ثم قال : ما لك ولهذا ؟ أقبل على عملك ! فقلت : لا شيء إنما أردت أن أستثبته عما قال ، وقد كان عندي شيء جمعته ، فلما أمسيت أخذته ، ثم ذهبت به إلى رسول الله صلى الله عليه وسلم وهو بقباء فدخلت عليه ، فقلت له : إنه قد بلغني أنك رجل صالح ومعك أصحاب لك غرباء ذوو حاجة ، وهذا شيء كان عندي للصدقة ، فرأيتكم أحق به من غيركم ، فقربته إليه ، فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم لأصحابه : كلوا . وأمسك هو فلم يأكل ، فقلت في نفسي : هذه واحدة ، ثم انصرفت عنه فجمعت شيئا ، وتحول رسول الله صلى الله عليه وسلم إلى المدينة ، ثم جئته به ، فقلت : إني قد رأيتك لا تأكل الصدقة وهذه هدية أكرمتك بها ، فأكل رسول الله صلى الله عليه وسلم وأمر أصحابه فأكلوا معه ، فقلت في نفسي : هاتان ثنتان ، ثم جئت رسول الله صلى الله عليه وسلم وهو ببقيع الغرقد ، قد تبع جنازة رجل من أصحابه ، وعلي شملتان لي ، وهو جالس في أصحابه ، فسلمت عليه ، ثم استدرت أنظر إلى ظهره ، هل أرى الخاتم الذي وصف لي صاحبي ، فلما رآني رسول الله صلى الله عليه وسلم استدبرته عرف أني أستثبت في شيء وصف لي ، فألقى الرداء عن ظهره ، فنظرت إلى الخاتم فعرفته ، فأكببت عليه أقبله وأبكي ، فقال لي رسول الله صلى الله عليه وسلم : تحول . فتحولت فجلست بين يديه ، فقصصت عليه حديثي كما حدثتك يا ابن عباس ، فأعجب رسول الله صلى الله عليه وسلم أن يسمع ذلك أصحابه .

ثم شغل سلمان الرق حتى فاته مع رسول الله صلى الله عليه وسلم بدر وأحد ، قال سلمان : ثم قال لي رسول الله صلى الله عليه وسلم : كاتب يا سلمان فكاتبت صاحبي على ثلاثمائة نخلة أحييها له بالفقير وأربعين أوقية ، فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم : أعينوا أخاكم فأعانوني بالنخل : الرجل بثلاثين ودية ، والرجل بعشرين ودية ، والرجل بخمسة عشر ، والرجل بعشر ، يعينني الرجل بقدر ما عنده ، حتى اجتمعت لي ثلاثمائة ودية ، فقال لي رسول الله صلى الله عليه وسلم : اذهب يا سلمان فافقر لها فإذا فرغت فائتني أكن أنا أضعها بيدي ففقرت فأعانني أصحابي حتى إذا فرغت جئته فأخبرته ، فخرج معي إليها ، فجعلت أقرب إليه الودي ويضعه رسول الله صلى الله عليه وسلم بيده حتى فرغت ، فوالذي نفس سلمان بيده ما مات منها ودية واحدة ، فأديت النخل وبقي علي المال ، فأتى رسول الله صلى الله عليه وسلم بمثل بيضة الدجاج من ذهب من بعض المعادن ، فقال : ما فعل الفارسي المكاتب ؟ فدعيت له ، فقال : خذ هذه فأدها مما عليك يا سلمان ، فقلت : وأين تقع مما علي يا رسول الله ؟ قال : خذها ، فإن الله سيؤدي بها ما عليك ، فأخذتها فوزنت منها لهم ، فوالله الذي نفسي بيده ، أربعين أوقية وأوفيتهم حقهم ، فشهدت مع رسول الله صلى الله عليه وسلم الخندق ، ثم لم يفتني معه مشهد.

 

 

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