Le blog de l'imam Abdallah (France)

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Simplifier l'islam pour les francophones

L’achat de biens immobiliers grâce aux emprunts bancaires

Au nom de Dieu le très miséricordieux, le tout miséricordieux.


Toutes nos prières et nos invocations vont à Dieu, paix et bénédictions soient sur son messager.

Le conseil a étudié en détail plusieurs documents concernant l’achat de biens immobiliers grâce aux emprunts bancaires et est arrivé aux conclusions suivantes :

1. Le conseil confirme le fait sur lequel toute la communauté musulmane est d’accord que l’usure est illicite. C’est un grand péché, l’un des sept plus graves. Ceux qui le commettent sont considérés comme déclarant la guerre à Dieu et son prophète (pbsl). Le conseil soutient ce qui a été décrété par les juristes à travers le monde musulman : les intérêts bancaires sont de l’usure.

2. Le conseil, en conséquence, invite la communauté musulmane à faire tout son possible pour trouver des alternatives islamiques comme le murabaha qui est pratiqué par les banques islamiques. Elle doit éviter ce qui est douteux dans la mesure du possible. Le conseil encourage la communauté à former des sociétés de construction dans le bâtiment (promoteurs immobiliers) de façon à vendre aux musulmans des logements avec des moyens de paiement licites et moins stricts.

3. Le conseil appelle les associations musulmanes de toute l’Europe à négocier avec les organismes bancaires pour trouver des solutions acceptables pour l’acheteur musulman. Des solutions comme la vente à tempérament dans laquelle l’acheteur doit payer plus en contrepartie d’un paiement échelonné dans le temps. Cette formule aidera à la fois les banques et la communauté musulmane. Elle est déjà appliquée par certains banquiers européens. En plus de cela, certaines banques européennes ont ouvert des filiales dans des pays musulmans où les transactions sont en accord avec la shari’a, comme au Bahrein par exemple. Dans cette même optique, le conseil appelle les banques européennes à satisfaire aux besoins de la communauté musulmane.

4. Si aucune des solutions ci-dessus n’est possible, le conseil, à la lumière du bon-sens et de la jurisprudence, ne voit aucun mal à acheter un bien immobilier par un emprunt bancaire si les conditions ci-dessous sont strictement respectées :

Le bien acheté doit être ensuite habité par l’acheteur et sa famille

Ce doit être sa résidence principale

L’acheteur ne doit pas avoir d’actif pouvant lui permettre d’acheter sans emprunter

Cette fatwa s’appuie sur deux arguments juridiques principaux.

I. Le premier est le principe bien connu qui dit que l’extrême nécessité rend licite l’illicite. Cette règle est dérivée de 5 versets coraniques parmi lesquels : « Il (Dieu) vous a expliqué en détail ce qui vous est interdit, excepté en cas de contrainte ou de nécessité » [6:119] et « Mais quiconque est contraint par nécessité sans volonté de désobéir, ni de transgresser les limites qui lui sont fixées, certainement ton Seigneur pardonne et est miséricordieux » [6:145]. De plus, les juristes ont établi que le « haja » c’est à dire le besoin ou la nécessité, que ce soit pour un individu ou pour un groupe, peut avoir la même considération dans ce contexte que le « darura » c’est à dire l’extrême nécessité. « haja » peut être défini comme l’ensemble des choses qui mettent le musulman en difficulté s’il ne les obtient pas, même s’il peut vivre sans. « darura » à contrario est ce dont le musulman ne peut se passer. Dieu a éloigné la difficulté comme il le dit dans les sourates al hajj et al ma`ida :

« Et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion » [22:78]

« Dieu ne veut pas pour vous la difficulté mais Il veut vous purifier et vous combler de faveurs afin que vous soyez reconnaissants » [5:6]

Un logement qui satisfait aux critères ci-dessus de besoin ou d’extrême nécessité est celui qui correspond à la famille musulmane en termes de taille, emplacement, ville et qui lui soit agréable et pratique. Comme cette fatwa est basée sur le principe de l’extrême nécessité ou du besoin (traité de la même manière que l’extrême nécessité), le conseil précise qu’une autre règle régente et complète celle de la nécessité. Ce qui a été rendu licite par nécessité doit être approché avec beaucoup de précautions, cela devrait être réservé à une catégorie de gens ayant vraiment besoin d’un logement. Toutefois, cette fatwa n’autorise pas l’achat d’un bien immobilier pour raison commerciale ou pour tout autre besoin de celui qui serait déjà propriétaire.

De toute évidence, un logement est nécessaire pour tout individu ou famille. Dieu a accordé Ses faveurs à Ses serviteurs et leur a montré Ses bienfaits, parmi lesquels sont les maisons : « Et Dieu a fait de vos maisons des habitations » [16:80]. Le prophète (pbsl) a expliqué qu’une maison spacieuse est une des trois ou quatre choses qui constituent le bonheur. Un logement en location ne satisfait pas à ce dont le musulman a besoin, il ne lui procure pas un sentiment de sécurité puisque celui-ci paye sans fin un loyer. Il peut à tout moment être amené à quitter son logement pour des raisons de place. En vieillissant, il peut même être expulsé s’il perd ses revenus. Acheter son propre logement décharge le musulman de toutes ces gênes et l’aide à s’installer plus près de mosquées, centres islamiques ou écoles et cela peut favoriser l’émergence de petites communautés musulmanes dans des pays d’accueil ou elles pourront garder leur identité culturelle. Acheter son propre logement permet aussi à la famille musulmane de faire des travaux afin de l’adapter à ses besoins sociaux ou religieux. Au-delà de tous ces avantages individuels, la communauté musulmane étant une minorité, cela l’aide à se libérer des pressions financières que la location cause souvent, et cela lui permet de consacrer toute son attention à l’appel à l’islam et d’aider la population non musulmane partout où c’est possible et permis. Tout ceci n’est pas possible lorsque toute la famille travaille d’arrache-pied pour payer son loyer.

II. Le deuxième argument juridique sur lequel cette fatwa est basée est le verdict selon lequel il est permis aux musulmans de commercer avec des contrats usuriers ou d’autres types de contrats illicites, dans des pays non musulmans. Cet opinion est soutenue par un certain nombre d’éminents savants comme Abou Hanifa, Mohammad Ash-Shaybani, Soufiane Ath-Thawri, Ibrahim An-Nakha’i, ainsi que Ahmed Ibn Hanbal selon un avis qui a été déclaré vrai par Ibn Taymiya d’après certaines sources hanbalites. C’est aussi l’opinion de l’école de jurisprudence hanafite. Ce qui fait correspondre notre fatwa à cet opinion est une série de considérations parmi lesquelles ce qui suit :

  • Selon la shari’a, les musulmans n’ont pas le devoir d’établir les lois islamiques civiles, financières et politiques dans un pays non musulman puisque ceci est au-delà de leurs moyens. Dieu ne requiert de personne ce qui est au-delà de ses capacités.
  • L’interdiction ou non de l’usure est à la charge de l’état et une communauté musulmane minoritaire ne peut rien y faire. Cela tient beaucoup de l’idéologie socio-économique de l’état en question. Toutefois, ce qui est de la responsabilité du musulman dans un tel état c’est l’application de la shari’a pour tout ce qui le concerne en personne comme les actes d’adoration, la nourriture, la boisson, la tenue vestimentaire, le mariage, le divorce, l’héritage, etc. Si les musulmans faisaient le choix de ne pas s’impliquer dans des contrats invalides, y compris ceux s’appuyant sur l’usure, dans les pays non musulmans, cela les pénaliserait financièrement. L’islam est censé renforcer les musulmans et non les affaiblir, les aider et non leur nuire.

Certains savants salafis ont décrété que les musulmans peuvent hériter de non musulmans puisque cela va dans le sens du hadith qui stipule que « l’islam augmente et ne diminue pas» c’est à dire qu’il augmente chez les musulmans la puissance, la richesse, etc. Un autre hadith qui va dans le même sens est celui qui dit « l’islam est supérieur et rien ne peut le surpasser ». Par conséquent, si les musulmans ne commercent pas par ces transactions et contrats invalides (quand la nécessité existe pourtant), ils finiront par payer de toute façon ce qu’il leur est demandé (dans des transactions impliquant l’usure) sans recevoir aucun bénéfice en retour. Ils seront perdants parce qu’ils seront obligés d’honorer ces transactions et n’auront rien en retour. De cette façon, les musulmans seront financièrement oppressés et rabaissés. L’islam ne punit jamais les musulmans à cause de leur religion, pas plus qu’il ne les abandonne dans les pays qui ne sont pas musulmans. Pratiquer l’islam n’a jamais voulu dire laisser les mécréants profiter et abuser des musulmans, financièrement ou pas, dans un contexte qui les empêche de retirer quelque avantage que ce soit.

Il existe une thèse qui prétend que la jurisprudence hanafite autorise l’usure dans les cas où le musulman en est le bénéficiaire, et qu’elle permet des contrats invalides seulement si les deux conditions suivantes sont remplies : 1. que le musulman soit le bénéficiaire et 2. qu’il n’y ait aucune tromperie (à l’encontre d’un non musulman). Pour réfuter cette thèse, nous dirons tout d’abord que dans notre cas le bénéfice n’est pas réalisé et ensuite que cette thèse n’a pas été authentifiée comme l’a affirmé Mohammad Ash-Shaybani, l’un des grands savants de l’école hanafite et un élève de Abou Hanifa, dans son livre « As-siar al kabir ». Aussi, les premiers savants de cette école ne posaient aucune condition au caractère licite de contrats usuriers sur des terres non musulmanes. Dans notre cas toutefois, même si le musulman est celui qui donne l’usure, il en tire quand même un certain bénéfice puisque qu’il devient propriétaire d’un logement au bout de plusieurs années.

En outre, les musulmans d’Europe nous rapportent par leur correspondance ou bien par des témoignages directs que les mensualités d’emprunts sont égales et parfois inférieures aux montants des loyers. Il en découle que si nous interdisions les emprunts usuriers, nous empêcherions les musulmans de se sentir en sécurité dans leur foyer bien que celui-ci soit considéré comme un besoin essentiel (« al hajat al asliya ») dans la terminologie juridique. De là, les musulmans paieraient un loyer pendant des années sans être propriétaire de leur logement alors qu’ils pourraient l’être si ce paiement était en faveur d’un emprunt bancaire.

Pour conclure, quand bien même un emprunt usurier serait considéré illicite par l’école hanafite et ceux qui adoptent un avis similaire, l’interdiction serait tout de même levée par la nécessité (nous avons vu que les juristes traitent à égalité le besoin et l’extrême nécessité). Ce qui appuie notre argumentation est que les musulmans sont forcés de traiter avec l’usure, ils ne l’utilisent pas volontairement et n’ont pas le choix. Selon de nombreux versets coraniques, l’usure est interdite principalement pour celui qui en récolte le fruit (et non la victime). Le fait de donner l’usure cependant a été interdit pour ne pas cautionner le fait de la prendre. Dans la même optique, la rédaction et le fait d’être témoin d’un contrat usurier ont aussi été interdits. Tous ces interdits sont là pour éviter ce qui mène à l’usure. Alors que le fruit de l’usure est formellement interdit en toute circonstance, un certain nombre de juristes soutiennent que le paiement d’intérêts est permis en cas de nécessité. Il a aussi été dit que contracter un emprunt usurier est permis s’il n’y a aucun autre moyen.

La règle que nous pouvons avancer est la suivante :

Un interdit reposant sur une chose fondamentalement illicite ne peut être levé qu’en cas de nécessité absolue (darura) alors qu’un interdit visant à l’obstruction des chemins menant à l’usure peut être levé en cas de nécessité simple (haja).

Que Dieu corrige nos pas.



لقد أصدر المجلس الأوروبي للإفتاء والبحوث في دورته الرابعة في دبلن بتاريخ 27 – 31 أكتوبر 1999 الفتوى التالية، أنقل نصّها الكامل لأنّني أتبنّاها:

القرار 2/4: حكم شراء المنازل بقرض بنكي ربوي للمسلمين في غير بلاد الإسلامي

نظر المجلس في القضية التي عمّت بها البلوى في أوروبا وفي بلاد الغرب كلّها، وهي قضية المنازل التي تُشترَى بقرض ربوي بواسطة البنوك التقليدية.

وقد قُدّمت إلى المجلس عدّة أوراق في الموضوع ما بين مؤيّد ومعارض، قرئت على المجلس، ثمّ ناقشها جميع الأعضاء مناقشة مستفيضة، انتهى بعدها المجلس بأغلبية أعضائه إلى ما يلي:

1 - يؤكّد المجلس على ما أجمعت عليه الأمّة من حرمة الربا، وأنّه من السبع الموبقات، ومن الكبائر التي تؤذن بحرب من الله ورسوله، ويؤكّد ما قرّرته المجامع الفقهية الإسلامية من أنّ فوائد البنوك هي الربا الحرام.

2 - يناشد المجلس أبناء المسلمين في الغرب أن يجتهدوا في إيجاد البدائل الشرعية، التي لا شبهة فيها، ما استطاعوا إلى ذلك سبيلاً، مثل (بيع المرابحة) الذي تستخدمه البنوك الإسلامية، ومثل تأسيس شركات إسلامية تنشئ مثل هذه البيوت بشروط ميسّرة مقدورة لجمهور المسلمين، وغير ذلك.

3 - كما يدعو التجمّعات الإسلامية في أوروبا أن تفاوض البنوك الأوروبية التقليدية، لتحويل هذه المعاملة إلى صيغة مقبولة شرعاً، مثل (بيع التقسيط) الذي يُزاد فيه الثمن مقابل الزيادة في الأجل، فإنّ هذا سيجلب لهم عدداً كبيراً من المسلمين يتعامل معهم على أساس هذه الطريقة، وهو ما يجري به العمل في بعض الأقطار الأوروبية، وقد رأينا عدداً من البنوك الغربية الكبرى تفتح فروعاً لها في بلادنا العربية تتعامل وفق الشريعة الإسلامية، كما في البحرين وغيرها. ويمكن للمجلس أن يساعد في ذلك بإرسال نداء إلى هذه البنوك، لتعديل سلوكها مع المسلمين.

4 - وإذا لم يكن هذا ولا ذاك ميسّراً في الوقت الحاضر، فإنّ المجلس في ضوء الأدلّة والقواعد والاعتبارات الشرعية، لا يرى بأساً من اللجوء إلى هذه الوسيلة، وهي القرض الربوي لشراء بيت يحتاج إليه المسلم لسكناه هو وأسرته، بشرط ألاّ يكون لديه بيت آخر يُغنيه، وأن يكون هو مسكنه الأساسي، وألاّ يكون عنده من فائض المال ما يمكّنه من شرائه بغير هذه الوسيلة، وقد اعتمد المجلس في فتواه على مرتكزين أساسيين:

المرتكز الأول: قاعدة (الضرورات تبيح المحظورات): وهي قاعدة متفق عليها، مأخوذة من نصوص القرآن في خمسة مواضع، منها قوله تعالى في سورة الأنعام: {وَقَدْ فَصَّلَ لَكُمْ مَا حَرَّمَ عَلَيْكُمْ إِلاَّ مَا اضْطُرِرْتُمْ إِلَيْهِ}، ومنها قوله تعالى في نفس السورة بعد ذكر محرّمات الأطعمة: {فَمَنْ اضْطُرَّ غَيْرَ بَاغٍ وَلا عَادٍ فَإِنَّ رَبَّكَ غَفُورٌ رَحِيمٌ}، وممّا قرّره الفقهاء هنا أنّ الحاجة قد تنزل منزلة الضرورة، خاصّة كانت أو عامّة.

والحاجة هي التي إذا لم تتحقّق يكون المسلم في حرج وإن كان يستطيع أن يعيش، بخلاف الضرورة التي لا يستطيع أن يعيش بدونها، والله تعالى رفع الحرج عن هذه الأمّة بنصوص القرآن كما في قوله تعالى في سورة الحجّ: {وَمَا جَعَلَ عَلَيْكُمْ فِي الدِّينِ مِنْ حَرَجٍ}.

والمسكَن الذي يدفع عن المسلم الحرج هو المسكَن المناسب له في موقعه وفي سعته وفي مرافقه، بحيث يكون سكناً حقّاً.

وإذا كان المجلس قد اعتمد على قاعدة الضرورة أو الحاجة التي تنزل منزلة الضرورة، فإنّه لم ينسَ القاعدة الأخرى الضابطة والمكملة لها، وهي أن ما أُبيح للضرورة يقدّر بقدرها، فلم يُجز تملّك البيوت للتجارة ونحوها.

والمسكَن ولا شكّ ضرورة للفرد المسلم وللاسرة المسلمة، وقد امتنّ الله بذلك على عباده حين قال: {وَاللَّهُ جَعَلَ لَكُمْ مِنْ بُيُوتِكُمْ سَكَنًا}، وجعل النبيّ ? السكن الواسع عنصراً من عناصر السعادة الأربعة أو الثلاثة، والمسكن المستأجر لا يلبّي كلّ حاجة المسلم، ولا يشعره بالأمان، وإن كان يكلّف المسلم كثيراً بما يدفعه لغير المسلم، ويظلّ سنوات وسنوات يدفع أجرته ولا يملك منه حجراً واحداً، ومع هذا يظلّ المسلم عرضة للطرد من هذا المسكن إذا كثر عياله أو كثر ضيوفه، كما أنّه إذا كبرت سنّه أو قلّ دخله أو انقطع يصبح عرضة لأن يُرمى به في الطريق.

وتملّك المسكن يكفي المسلم هذا الهمّ، كما أنّه يمكّنه أن يختار المسكن قريباً من المسجد والمركز الإسلامي، والمدرسة الإسلامية، ويهيئ فرصة للمجموعة المسلمة أن تتقارب في مساكنها عسى أن تنشئ لها مجتمعاً إسلامياً صغيراً داخل المجتمع الكبير، فيتعارف فيه أبناؤهم، وتقوى روابطهم، ويتعاونون على العيش في ظلّ مفاهيم الإسلام.

كما أنّ هذا يمكّن المسلم من إعداد بيته وترتيبه بما يلبّي حاجته الدينية والاجتماعية، ما دام مملوكاً له. وهناك إلى جانب هذه الحاجة الفردية لكلّ مسلم، الحاجة العامّة لجماعة المسلمين الذين يعيشون أقلّية خارج دار الإسلام، وهي تتمثّل في تحسين أحوالهم المعيشية، حتّى يرتفع مستواهم، ويكونوا أهلاً للانتماء إلى خير أمّة أُخرجت للناس، ويغدوا صورة مشرقة للإسلام أمام غير المسلمين،

كما تتمثّل في أن يتحرّروا من الضغوط الاقتصادية عليهم، ليقوموا بواجب الدعوة ويساهموا في بناء المجتمع العام، وهذا يقتضي ألاّ يظلّ المسلم يكدّ وينصَب طول عمره من أجل دفع قيمة إيجار بيته ونفقات عيشه، ولا يجد فرصة لخدمة مجتمعه، أو نشر دعوته.

المرتكز الثاني: هو ما ذهب إليه أبو حنيفة وصاحبه محمد بن الحسن الشيباني – وهو المفتى به في المذهب الحنفي – وكذلك سفيان الثوري وإبراهيم النخعي، وهو رواية عن أحمد، ورجّحها ابن تيمية، فيما ذكره بعض الحنابلة من جواز التعامل بالربا – وغيره من العقود الفاسدة – بين المسلمين وغيرهم في دار الحرب، ولهم في ذلك أدلّة ذكرها الإمام الطحاوي وغيره، لا يتّسع المقام لذكرها.

والمراد بدار الحرب عند الحنفية ما ليس بدار إسلام، فالتقسيم عندهم ثنائي وليس ثلاثياً فيدخل فيها ما يسمّى عند غيرهم دار عهد، أو دار أمان، ولهذا نفضّل التعبير عن هذا المعنى بقولنا: التعامل خارج دار الإسلام.

ويرجّح الأخذ بهذا المذهب هنا عدّة اعتبارات، منها:

1 - أنّ المسلم غير مكلّف شرعاً أن يقيم أحكام الشرع المدنية والمالية والسياسية ونحوها ممّا يتعلّق بالنظام العام في مجتمع لا يؤمن بالإسلام، لأنّ هذا ليس في وسعه، ولا يكلّف الله نفساً إلاّ وسعها، وتحريم الربا هو من هذه الأحكام التي تتعلّق بهوية المجتمع، وفلسفة الدولة، واتجاهها الاجتماعي والاقتصادي.

وإنّما يطالب المسلم بإقامة الأحكام التي تخصّه فرداً، مثل أحكام العبادات، وأحكام المطعومات والمشروبات والملبوسات وما يتعلّق بالزواج والطلاق والرجعة والعدّة والميراث وغيرها من الأحوال الشخصية، بحيث لو ضُيّق عليه في هذه الأمور، ولم يستطع بحال إقامة دينه فيها لوجب عليه أن يهاجر إلى أرض الله الواسعة ما وجد إلى ذلك سبيلاً.

2 - أنّ المسلم إذا لم يتعامل بهذه العقود الفاسدة – ومنها عقد الربا – في دار القوم، سيؤدّي ذلك بالمسلم إلى أن يكون التزامه بالإسلام سبباً لضعفه اقتصادياً، وخسارته مالياً، والمفروض أنّ الإسلام يقوّي المسلم ولا يضعفه، ويزيده ولا ينقصه، وينفعه ولا يضرّه، وقد احتجّ بعض علماء السلف على جواز توريث المسلم من الكافر بحديث: "الإسلام يزيد ولا ينقص" أي يزيد المسلم ولا ينقصه، ومثله حديث: "الإسلام يعلوا ولا يُعلى"، وهو إذا لم يتعامل بهذه العقود التي يتراضونها بينهم، سيضطرّ إلى أن يعطي ما يُطلب منه، ولا يأخذ مقابله، فهو ينفّذ هذه القوانين والعقود فيما يكون عليه من مغارم، ولا ينفّذها فيما يكون له من مغانم، فعليه الغُرم دائماً وليس له الغُنْم، وبهذا يظلّ المسلم أبداً مظلوماً مالياً، بسبب التزامه بالإسلام، والإسلام لا يقصد أبداً إلى أن يظلم المسلم بالتزامه به، وأن يتركه – في غير دار الإسلام – لغير المسلم، يمتصّه ويستفيد منه، في حين يحرم على المسلم أن ينتفع من معاملة غير المسلم في المقابل في ضوء العقود السائدة، والمعترف بها عندهم.

وما يُقال من أنّ مذهب الحنفية إنّما يجيز التعامل بالربا في حالة الأخذ لا الإعطاء، لأنّه لا فائدة للمسلم في الإعطاء وهم لا يجيزون التعامل بالعقود الفاسدة إلاّ بشرطين:

الأول: أن يكون فيها منفعة للمسلم.

والثاني: ألاّ يكون فيها غدر ولا خيانة لغير المسلم، وهنا لم تتحقّق المنفعة للمسلم، والجواب: أنّ هذا غير مسلم، ممّا يدلّ على ذلك قول محمد بن الحسن الشيباني في السير الكبير، وإطلاق المتقدّمين من علماء المذاهب، كما أنّ المسلم وإن كان يُعطي الفائدة هنا فهو المستفيد، إذ به يتملّك المنزل في النهاية.

وقد أكّد المسلمون الذين يعيشون في هذه الديار بالسماع المباشر منهم وبالمراسلة: أنّ الأقساط التي يدفعونها للبنك بقدر الأجرة التي يدفعونها للمالك، بل أحياناً تكون أقلّ، ومعنى هذا أنّنا إذا حرّمنا التعامل هنا بالفائدة مع البنك حرمنا المسلم من امتلاك مسكن له ولأسرته، وهو من الحاجات الأصلية للإنسان كما يعبّر الفقهاء، وربّما يظلّ عشرين أو ثلاثين سنة أو أكثر، يدفع إيجاراً شهرياً أو سنوياً ولا يملك شيئاً، على حين كان يمكنه في خلال عشرين سنة – وربّما أقلّ – أن يملك البيت.

فلو لم يكن هذا التعامل جائزاً على مذهب أبي حنيفة ومن وافقه، لكان جائزاً عند الجميع للحاجة التي تنزل أحياناً منزل الضرورة.
ولا سيما أنّ المسلم هنا، إنّما يؤكل الربا ولا يأكله، أي هو يعطي الفائدة ولا يأخذها، والأصل في التحريم منصبّ على (أكل الربا) كما نطقت به آيات القرآن، إنّما حُرّم الإيكال سداً للذريعة، كما حُرّمت الكتابة له والشهادة عليه، فهو من باب تحريم الوسائل لا تحريم المقاصد.

ومن المعلوم أنّ أكل الربا المحرّم لا يجوز بحال، أمّا إيكاله – بمعنى إعطاء الفائدة – فيجوز للحاجة، وقد نصّ على ذلك الفقهاء، وأجازوا الاستقراض بالربا للحاجات إذا سُدّت في وجهه أبواب الحلال.

ومن القواعد الشهيرة هنا: أنّ ما حُرّم لذاته لا يُباح إلاّ للضرورة، وما حُرّم لسدّ الذريعة يُباح للحاجة، والله والموفّق.

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